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450 km incroyables de randonnée en Suisse

LE PAYS LE PLUS EUROPÉEN

Nous avons traversé la Suisse dans le cadre d’un plus long voyage : une marche à travers l’Europe via 16 pays. Entre 2018 et 2020, nous avons marché 10000 km du Portugal jusqu’en Turquie pendant deux ans. C’est le projet Deux Pas Vers l’Autre. Découvrez l’ensemble du projet ici.

Premier pays hors de l’Union Européenne de notre traversée de l’Europe, la Suisse s’est pourtant révélée comme le plus européen des pays du continent.

Avant d’arriver, on avait des a priori sur la Suisse, on nous avait mis en garde sur le fait que la montagne était hyper aménagée, que la vie était chère, que les Suisses étaient froids…

Au final, on est arrivés d’Italie à la frontière suisse sans trop savoir à quelle sauce on allait être mangés.

Notre itinéraire en Suisse a commencé dans le canton du Valais, avant de poursuivre dans le Tessin et de finir dans les Grisons. Nous avons accueilli deux invités et mangé un paquet de fondues…

Infos clés de notre randonnée en Suisse

  • Pays : Suisse
  • Type d’itinéraire : Ligne droite
  • Difficulté : Compétences d’alpinisme
  • Langue : Français, Suisse Allemand, Italien, Romanche. L’enfer quoi ! L’anglais a quand même bien dépanné
  • Période : Été - Août/Septembre
  • Durée : 3 semaines
  • Distance : 450 km
  • Point de départ : Monte Moro, Valais, frontière italienne
  • Point d’arrivée : Pass da Val Viola, Grisons, frontière italienne
  • Dénivelé positif : 24 080 m
  • Dénivelé négatif : 24 450 m

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Randonnée et aventure en Suisse

Sentier de longue distance

Pendant notre randonnée en Suisse, nous n’avons suivi aucun sentier de longue distance en particulier. Nous avons abandonné la Via Alpina que nous suivions en pointillés en Italie et avons tracé notre propre itinéraire.

Etat des sentiers et culture de la marche en Suisse

Aucune mauvaise surprise du côté de l’état des sentiers de randonnée en Suisse. Tout est carré, les sentiers sont entretenus, empruntés et cartographiés.

A notre goût, cela va même quelquefois un peu loin quand des sections sont bétonnées et câblées alors qu’elles ne présentent pas de danger particulier. 

Dans certains coins, on a effectivement trouvé que la montagne était suréquipée et suraménagée, que les télécabines montaient parfois trop haut (littéralement sur des glaciers) et que les pelouses tondues parfaitement même dans les alpages, c’était un peu too much.

Mais il ne faut pas généraliser, on a aussi trouvé des endroits très sauvages.

Notre expérience du bivouac en Suisse

Sur ce thème aussi, on arrivait avec plein de questions.

On avait lu sur des blogs que le camping sauvage était interdit en Suisse.

En discutant avec des locaux, dans chacun des cantons qu’on a traversés, ils tombaient tous des nues, n’avaient jamais entendu parler d’une interdiction du bivouac en Suisse. Alors qu’en fait ils n’en savaient rien parce qu’ils ne campent pas ou est-ce que le camping est autorisé ?

C’est encore un peu flou dans nos esprits et surtout, ça dépend des cantons.

Finalement, ce qui nous a le plus embêtés pour monter notre tente en Suisse, ce n’est pas la peur de l’amende mais la peur de gêner.

Dans ces villages impeccables et sur ces collines nettes comme des jardins anglais, on se disait qu’on ne verrait que notre tente, qu’elle serait comme une verrue dans ce paysage de carte postale.

Du coup, on a fait ce qu’on conseil à tous de faire dans ce cas-là : sonner chez quelqu’un, idéalement quelqu’un avec un jardin ou en tout cas du terrain, et demander s’ils savent où on peut planter la tente sans déranger. On a toujours été bien accueillis.

En Suisse début septembre, on a passé quelques nuits sous la tente en-dessous de 0°, nos premières depuis l’Espagne.

La chute des températures et l’arrivée des couleurs d’automne sont des signes qu’on a dû prendre au sérieux… L’hiver approchait et on n’avait pas tellement envie de le voir de trop près tant qu’on était dans les Alpes !

On a dormi assez souvent en refuge, montagne oblige, un quart du temps sous la tente, un autre quart à l’hôtel (dont deux fois en étant invités) et une seule fois chez l’habitant (merci Kim !!).


Territoires et nature en Suisse

Le Valais

Pour passer la frontière, au Monte Moro, nous attendait notre 9ème invité. Matthieu a traversé les Alpes l’été dernier, sur les sentiers de la Via Alpina, il en a même fait un film : Via Alpina - L’Envers du Chemin.

Sur les conseils d’Angelo rencontré pendant notre première soirée suisse, nous nous sommes mis en tête de rejoindre le Glishorn, une montagne surplombant la vallée du Rhône et offrant “la plus belle vue de la Suisse… ou au moins du Valais”.

On a atteint le Glishorn après deux jours et demi de marche sur des sentiers-balcons, dominant les vallons, croisant plus de brebis que d’êtres humains, se gavant de myrtilles qui, de toute évidence, n’étaient pas ramassées.

En deux mots, c’était plutôt sauvage !

Après une nuit à Brig, invités chez Kim, nous disons au revoir à Matthieu, traversons la vallée du Rhône et nous lançons à l’assaut du plus grand glacier des Alpes : Aletsch.

Cette langue de glace s’étend sur 23 km de long. Depuis son bassin d’alimentation à plus de 4 000 mètres, il descend jusqu’à 1 560 mètres dans la gorge de la Massa.

Au niveau de la Konkordiaplatz où elle est la plus épaisse, la couche de glace fait 900 mètres. Mais ce colosse souffre du réchauffement climatique et recule à une vitesse effrayante.

Depuis 1980, il a déjà perdu 1,3 kilomètre de long.

Découvrir un tel géant était une expérience unique.

Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur le temps et l’espace, ça ne s’applique pas là-bas. Les distances n’ont jamais été aussi trompeuses et avancer dans la même direction, en voyant notre destination ne jamais se rapprocher nous a fait un drôle d’effet !

Le glacier est large d’1,5 km, il nous semblait pourtant que ses côtés ne se trouvaient jamais à plus de 200 mètres de nous.

Notre principal point de repère aura été les innombrables hélicoptères chargés de touristes pour leur faire découvrir le glacier à moindre effort.

Nous les entendions comme s’ils nous survolaient et réalisions en les voyant si minuscules qu’ils étaient en fait très loin. Plus d’hélicoptères que d’humains donc puisque nous n’avons croisé absolument personne ce jour-là sur le glacier.

Le Tessin

Il y a eu deux moments marquants pendant notre brève traversée du Tessin.

La méga teuf qu’on s’est retrouvés à faire à Airolo. Quand on est entrés dans le village, on a entendu une fanfare jouer un peu plus loin. On est allé voir et on est tombés sur une vraie fête de village. En nous voyant débarquer, tout le monde est venu nous parler et nous poser des questions. C’est la première fois qu’on avait autant d’interactions d’un coup avec des Suisses ! Du coup, c’est parti en grosse teuf avant de finir en grosse gueule de bois le lendemain.

Un peu plus loin, on a passé notre dernière nuit dans le Tessin dans un endroit fabuleux. Située à 2200 m d’altitude et s’étendant sur un kilomètre sur six, la plaine de la Greina est un paysage de toundra alpine unique en son genre. Des ruisseaux la traversent, des lacs et de hauts marais caractérisent son paysage. On s’est sentis d’autant plus chanceux de découvrir cet endroit quand on a appris qu’elle avait failli disparaître sous un lac de barrage dans les années 1980. Elle a été sauvée grâce à la mobilisation de la population locale et est désormais classée à l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d’importance nationale.

La plaine Greina est à cheval sur les cantons du Tessin et des Grisons.

Les Grisons

Sur cette dernière section, on était accompagnés de notre deuxième invitée en Suisse : Marie. L’arrivée de Marie a permis d’allonger la liste des nationalités nous ayant rejoint, bien qu’elle habite maintenant à Zurich, elle est Allemande. Pendant 4 jours, Marie aura été une compagne de marche, une prof de yoga, une mine d’information sur les champignons et la flore en général.

Depuis la vallée Roseg, nous sommes montés au refuge Diavolezza pour passer la journée du lendemain sur le glacier Pers, autour du Piz Palü. Une magnifique journée d’exploration d’un territoire rare, fragile et grandiose. Avant de partir, ni Nil ni moi n’avions expérimenté quoi que ce soit se rapprochant de l’alpinisme. Nous faisons donc nos armes cet été dans les Alpes, petit à petit, en nous documentant beaucoup, en prenant conseil et en commençant par des sommets réputés peu difficiles.

La faune en Suisse

On doit bien l’admettre, on a vu plus d’animaux domestiques que sauvages en Suisse. Oui, quelques beaux spécimens de bouquetins et quelques grands oiseaux de proie mais surtout beaucoup de vaches et de brebis.

Petit coup de coeur quand même pour le mouton Nez Noir du Valais. Désigné comme le mouton le plus mignon du monde, cette race suisse existerait depuis le XVème siècle. Une laine blanche touffue, une tête et des genoux tout noirs, des cornes en spirale, cette petite brebis des alpages suisses a de quoi séduire. 

Environnement

Sans trop de surprise, la Suisse est plutôt propre (trop ?). Sur la plupart des sentiers qu’on a arpentés, on n’a trouvé que peu de déchets à ramasser.

On a appris que le réseau de train était très développé, très efficace et peu cher. Du coup les gens l’utilisent beaucoup, diminuant ainsi le nombre de voitures individuelles sur les routes.

Mais la Suisse est aussi un pays très moderne et, on dira ce qu’on veut, la technologie pollue. Combien de fois on a vu des robots-tondeuses à gazon tourner en rond indéfiniment dans les jardins…?

La flore en Suisse

La végétation de toundra alpine est sans aucun doute notre souvenir le plus fort de la flore suisse.

C’est un paysage qui ne ressemble à rien d’autre de connu (pour nous en tout cas) et, on a beau savoir que pour survivre si haut, ces plantes doivent être très résistantes, elles ont un aspect fragile et délicat.

Un de nos très chouettes souvenirs de Suisse, c’est la quantité de nourriture qu’on a trouvé dans la nature pour compléter nos repas.

En randonnée longue distance, pouvoir se nourrir grâce à ce que l’on trouve dans la nature est un vrai plus. En passant l’été dans les Alpes, on n’avait pas vraiment réfléchi au fait qu’on allait rater la saison pour la plupart des arbres fruitiers.

On est loin d’être spécialistes des plantes sauvages mais on sait reconnaître un myrtillier quand on en voit un et de ce côté-là, on a été servis !

Pour les champignons, on est plutôt du genre prudent (et on vous recommande de l’être aussi !) mais il y en a quelques uns sur lesquels on a pas trop de doutes quand même. Les coulemelles et les rosés des prés par exemple.

Ça tombe bien, il y en avait plein.


Rencontre avec les Suisses

La Suisse n’aura pas été le pays des rencontres pour nous.

Non pas que les Suisses n’étaient pas ouverts ou accueillants, mais surtout que les occasions d’en rencontrer ont été rares.

Après le Portugal, l’Espagne, le sud de la France et l’Italie où les gens ont plutôt l’habitude de vivre dehors, de socialiser au café du coin, il nous a fallu admettre que la vie de village suivait un autre rythme en Suisse.

Le climat plus rude et plus montagneux, ainsi peut-être qu’une culture plus saxonne que latine, pousse les gens à passer plus de temps chez eux. Les rencontres fortuites et spontanées ont donc été plus rares et pour trouver des gens, il a fallu aller les chercher !

Nos rencontres les plus marquantes

Angelo et ses amis qui, pour notre première nuit en Suisse ont passé quelques coups de fil pour nous trouver un toit.

Anna et Tiziano qui nous ont accueillis chaleureusement dans leur hôtel.

Kristian, François et Christoph qui ont rendu notre arrivée dans le Tessin inoubliable.


Culture en Suisse

En Suisse, nous avons eu un aperçu de ce qu’allait être notre vie pendant les prochains mois, dans des pays où la langue nous est totalement étrangère.

Jusqu’à présent entre le portugais, l’espagnol, le français et l’italien, on s’en sortait plutôt bien, parce que tout ça se ressemble un peu.

Mais l’allemand et encore plus le romanche nous ont laissé plutôt démunis. Il faut pourtant que l’on s’y prépare, on sera bientôt en Slovénie puis en Croatie, en Bosnie… où les points de repères linguistiques seront de plus en plus rares.

Par chance, la Suisse est culturellement multilingue. Avec ses 4 langues officielles, elle s’affiche selon nous comme le plus européen des pays d’Europe ! N’allez pas leur dire, ils n’aiment pas trop qu’on leur parle de l’Europe…

En général, on s’en est sorti avec l’italien, l’anglais et parfois le français.

Est-ce qu’on marcherait 500 km de plus ici ?

Disons oui pour les paysages et non pour et l’absence de rencontres.

On retourne en Italie où nous traverserons 4 régions avant d’atteindre la Slovénie, en espérant arriver là-bas avant les premiers signes de l’hiver.


Anecdotes de notre randonnée en Suisse

Loose fact

Notre budget de 10€/jour/personne n’a pas du tout survécu à la traversée de la Suisse.

Dirty fact

Les crottes de chiens ramassées dans un sachet en plastique (pour ne pas prendre d’amende) puis jetées avec le plastique dans la nature (quand personne ne regarde)

Food fact

On a passé notre traversée de la Suisse avec les dents violettes tellement on se gavait de myrtilles !


Préparation et organisation pour randonner en Suisse

Quand y aller ?

Idéalement de mai à octobre

Où dormir ?

Nous avons essentiellement dormi sous la tente ou en refuge.

Quel matériel ? 

Pour cette traversée de la Suisse en randonnée, nous sommes partis avec des vêtements d’été plus une doudoune chaude, du matériel de randonnée et de bivouac et de l’équipement d’alpinisme pour la traversée des glaciers.

Retrouvez ici la liste détaillée de notre matériel, article par article.

Le bivouac est-il autorisé en Suisse ?

Y a-t-il des espaces protégés

L’itinéraire de notre randonnée en Suisse passe par plusieurs zones protégées :

  • Parc naturel de la vallée de Binn
  • Parc naturel Beverin
  • Parc naturel Ela

Les chiens sont-ils autorisés ?

Cette traversée de la Suisse en randonnée peut être réalisée avec un chien. Certaines zones exigent qu’ils soient tenus en laisse mais pas d’interdiction sur l’ensemble du parcours. Évitez quand même d’emmener votre chien sur un glacier.

MarieMC
septembre 7, 2022
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